Mains posées à plat sur le haut de la poitrine d’une personne allongée, sans pression

Douze positions de mains pour un autotraitement de vingt minutes

La plupart des gens qui pratiquent seuls s’arrêtent au bout de quatre positions. Non par manque de conviction, mais parce que personne ne leur a donné de durée, d’ordre ni de signal de fin. Sans ces trois repères, la séance devient une improvisation de sept minutes qui se termine sur un doute.

Le déroulé qui suit est fermé : douze positions, quatre-vingt-dix secondes chacune, dix-huit minutes de contact et deux minutes pour l’installation et la sortie. Un minuteur remplace la montre, et l’ordre ne change pas d’un jour à l’autre, ce qui règle la question à laquelle on n’a pas envie de penser à sept heures du matin.

Reste à dire ce que cette séance est et n’est pas, parce que le sujet s’y prête aux malentendus. C’est un exercice de contact et d’attention, encadré par une durée. Ce n’est pas un traitement, cela ne remplace aucun suivi, et certaines situations demandent de reposer les mains et de prendre rendez-vous.

Vingt minutes, douze temps, un minuteur

  • Durée : 12 positions à 90 secondes, soit 18 minutes de contact, plus 2 minutes d’installation et de sortie.
  • Matériel : un minuteur avec signal doux, un coussin sous les coudes, une couverture légère.
  • Ordre : tête, tronc, dos, jambes. Toujours le même, sans exception.
  • Pression : aucune. Les mains reposent, elles n’appuient pas et ne massent pas.
  • Repères de fin : chaleur, picotement, souffle qui s’allonge, ou rien du tout. Le rien est normal.
  • Ne jamais appuyer sur les globes oculaires ni sur l’avant du cou.
  • Limite : un symptôme qui s’installe relève d’un médecin, pas d’une séance supplémentaire.

Douze positions, plusieurs lignées, un principe commun

Les listes de positions varient selon les lignées du reiki. Certaines écoles en enseignent douze, d’autres quinze ou davantage, et l’ordre lui-même n’est pas figé. Ce qui revient partout, en revanche, c’est le principe : couvrir la tête, l’avant du tronc, le dos et les extrémités, sans sauter de zone et sans s’attarder au hasard.

Dans la tradition, la pratique sur soi vient après une transmission de premier degré, reçue auprès d’un enseignant. Il faut le dire clairement plutôt que de le contourner : sans cette transmission, la séquence reste un exercice de contact et d’attention, avec un cadre horaire. C’est déjà une pratique honnête, et c’est la seule chose qu’on puisse en promettre. Le détail de ces étapes de formation est décrit dans la présentation des niveaux d’initiation.

La durée de quatre-vingt-dix secondes n’a rien de sacré non plus. Elle correspond à peu près à douze ou quinze cycles respiratoires calmes, assez pour que la main se réchauffe et que l’attention se pose, assez court pour que douze positions tiennent dans une plage de vingt minutes reproductible tous les jours.

Avant de commencer : lieu, appui, vêtements

Minuteur mécanique posé au sol près d’un tapis, aiguille réglée sur quelques minutes
Shixart1985 / BY 2.0

La position de départ décide de la moitié du résultat. Allongé sur le dos, genoux fléchis ou soutenus par un coussin roulé, un oreiller plat sous la tête : les épaules doivent pouvoir se relâcher sans que les bras tirent. Assis dans un fauteuil à accoudoirs, la même règle s’applique.

Le point le plus souvent négligé, ce sont les coudes. Maintenir les mains sur le visage pendant six minutes fatigue les épaules et coupe l’attention. Un coussin sous chaque coude règle le problème pour de bon, et c’est la raison principale des séances écourtées.

Le reste tient en trois détails : des vêtements sans ceinture rigide, une pièce à température confortable parce que l’immobilité refroidit, et un minuteur programmé sur un signal doux toutes les quatre-vingt-dix secondes. Le téléphone en mode avion, posé hors du champ de vision, évite d’avoir à consulter l’heure.

L’autotraitement reiki, position par position

Chaque position dure quatre-vingt-dix secondes. Les mains sont posées à plat, doigts joints, sans appuyer. Au signal, on lève les mains, on les déplace, on les repose. Rien d’autre à faire pendant l’intervalle que de suivre son souffle.

  1. Les yeux. Paumes en coupe au-dessus des yeux fermés, le talon de la main reposant sur les pommettes et le bout des doigts sur le front. Aucun contact avec le globe oculaire, aucune pression.
  2. Les tempes. Mains posées de part et d’autre du crâne, doigts vers l’arrière, au-dessus des oreilles. Les mâchoires se desserrent souvent d’elles-mêmes à cette position.
  3. L’arrière du crâne. Mains glissées derrière la tête, l’une au-dessus de l’autre, à la jonction du crâne et de la nuque. Coudes soutenus, tête posée dans les mains sans effort de cou.
  4. Les clavicules. Mains à plat sous les clavicules, jamais sur l’avant du cou. La gorge est une zone qu’on survole, on n’y met ni poids ni doigts.
  5. Le sternum. Mains superposées au milieu de la poitrine. Le contact suit le mouvement des côtes, et c’est souvent ici que le souffle change de rythme.
  6. Le plexus. Mains côte à côte juste sous les côtes, au creux de l’estomac. Position à raccourcir en cas de digestion en cours ou de sensation de nausée.
  7. Le nombril. Mains en travers du ventre, l’une au-dessus de l’autre. La respiration abdominale se voit et se sent nettement sous les paumes.
  8. Le bas-ventre. Mains en V, pouces qui se touchent, au-dessus du pubis. Contact léger, sans enfoncer, en particulier si le ventre est sensible ce jour-là.
  9. Les reins. Mains glissées dans le dos, à hauteur de la taille, de chaque côté de la colonne. Sur le côté si l’épaule proteste, ou en position assise.
  10. Le bas du dos. Mains à plat sur le sacrum, doigts vers le bas. Dans un fauteuil, on garde une main de chaque côté du bassin.
  11. Les genoux. Une main sur chaque rotule, genoux légèrement fléchis. Position brève et utile pour les personnes assises toute la journée.
  12. Les pieds. Une main sur chaque cou-de-pied, ou les deux mains sur un pied puis sur l’autre pendant quarante-cinq secondes chacun.

À la douzième position, on retire les mains, on les pose sur les cuisses et on reste immobile une minute avant de se relever. Se lever d’un coup annule la moitié de ce qu’on vient de faire, et il vaut mieux boire un verre d’eau que d’enchaîner directement sur une tâche.

Les quatre positions de la tête, et la pression à ne pas mettre

Les positions un à quatre demandent une vigilance particulière parce que les zones sont fragiles. Sur les yeux, le contact doit passer par les pommettes et le front : une pression sur le globe est déconseillée par principe et interdite après une chirurgie oculaire ou en cas de glaucome connu.

Sur l’avant du cou, la règle est simple : on ne pose rien. Cette zone contient des structures sensibles, et une main appuyée sur la gorge n’apporte rien qu’une main posée sous les clavicules n’apporte déjà. Les enseignants sérieux le disent en première heure de formation.

Dernier point pour la tête : en cas de choc à la tête récent, de migraine en cours ou d’acouphènes en poussée, ces quatre positions se raccourcissent ou se sautent. La séance continue au tronc, et il n’y a rien à forcer.

Le tronc : sternum, plexus, ventre

C’est la partie où les sensations sont les plus fréquentes, et aussi la plus facile à mal interpréter. Une main posée à plat sur le ventre perçoit le péristaltisme intestinal, des gargouillements, un pouls parfois. Ces phénomènes sont physiologiques et ne se lisent pas comme des messages.

Le plexus mérite d’être abrégé si la digestion est en cours. Une séance faite dans l’heure qui suit un repas copieux se solde souvent par une position six désagréable ; mieux vaut attendre deux heures, ou passer directement au nombril.

Sur le bas-ventre, la consigne de légèreté est ferme. Douleurs de règles, endométriose, période post-opératoire, grossesse : dans tous ces cas, la main se pose sans poids, ou se déplace sur le bassin. Un ventre douloureux qui n’était pas douloureux la veille ne se traite pas par des mains posées, il se fait examiner.

Le dos et les reins sans se tordre l’épaule

Glisser les mains dans son propre dos est le passage où les épaules se plaignent. Trois solutions existent et se valent : s’allonger sur le dos et laisser le poids du corps maintenir les mains en place, se coucher sur le côté et travailler un côté puis l’autre, ou faire ces deux positions assis, dos décollé du dossier.

La règle qui prime sur la tradition : une position qui fait mal à l’épaule se remplace. Un cadre horaire n’a d’intérêt que s’il est tenable, et personne n’a jamais amélioré sa pratique en se tordant le bras pendant trois minutes.

Une réserve importante concerne la douleur lombaire aiguë, celle qui bloque le mouvement et irradie dans la jambe. Ce n’est pas un motif de séance, c’est un motif de consultation, et l’immobilité prolongée sur le dos peut même aggraver l’inconfort. On saute la zone et on prend rendez-vous.

Genoux et pieds, la fin de séance qu’on saute trop vite

Couverture de laine pliée au pied d’un tapis de sol, dans une pièce claire et vide
Tim Evanson / BY-SA 2.0

Les deux dernières positions sont les premières abandonnées quand le temps manque, et c’est dommage. Elles font redescendre l’attention vers le bas du corps après huit positions passées sur la tête et le tronc, et cette descente est ce qui distingue une fin de séance d’un arrêt brutal.

Sur les pieds, le contact plante contre paume donne souvent la sensation la plus nette de toute la séance. Rien de mystérieux : la densité de récepteurs y est élevée et la zone est rarement touchée dans une journée ordinaire.

Une réserve doit être connue : un mollet gonflé, chaud, douloureux d’un seul côté ne se masse pas, ne se comprime pas et ne se travaille pas. C’est un motif d’avis médical rapide, et le geste réflexe qui consiste à frotter la zone est précisément celui à éviter.

Ce qui change sous la main, et ce qui n’est qu’attente

Quatre types de perceptions reviennent régulièrement dans les retours de pratiquants. Le tableau ci-dessous les met en regard d’une explication simple et de la conduite à tenir. Aucune ligne ne décrit un diagnostic.

Perception Fréquence Lecture raisonnable Conduite
Chaleur sous la paume Très fréquente Contact prolongé et vasodilatation locale Rien à faire, on continue
Picotement, fourmillement Fréquente Position du bras, appui, immobilité Changer l’appui du coude
Souffle qui s’allonge Fréquente Immobilité et attention portée au corps Laisser faire, ne pas compter
Aucune sensation Courante Variabilité normale d’un jour à l’autre Terminer la séance quand même
Douleur qui augmente Rare Signal à ne pas interpréter soi-même Arrêter, consulter si cela persiste

Une pratique honnête suppose d’accepter la quatrième ligne. Les séances où l’on ne sent rien représentent une part importante du total, et les compter comme des échecs est le meilleur moyen d’arrêter au bout de dix jours.

Tenir vingt minutes quand l’attention décroche

Le décrochage arrive presque toujours entre la sixième et la huitième position, une fois la nouveauté passée. Trois réglages le limitent, et aucun ne demande de volonté supplémentaire.

Le premier est le signal sonore : un minuteur qui marque chaque intervalle évite de se demander si l’on a fait assez. Le deuxième est le comptage du souffle, douze à quinze cycles par position, qui donne à l’esprit une tâche assez simple pour ne pas partir ailleurs. Le troisième est l’horaire fixe, parce qu’une séance à heure variable disparaît en une semaine.

Quand l’attention part malgré tout, on la ramène à la main posée, sans commentaire intérieur. Une séance faite à moitié distraitement reste une séance faite. C’est aussi ce que rapportent les personnes qui reçoivent en cabinet : la régularité pèse plus que l’intensité, et le déroulé d’une séance accompagnée suit la même logique de cadre.

Grossesse, inflammation, opération récente : les réserves

Poser les mains sans appuyer est un geste peu risqué, ce qui ne veut pas dire qu’il convient partout. Quatre situations demandent une adaptation nette.

  • Grossesse : contact léger sur le ventre, jamais de pression, et toute douleur abdominale ou contraction inhabituelle se signale à la sage-femme ou au médecin qui suit la grossesse.
  • Cicatrice récente ou pansement : on ne touche pas la zone, on ne pose pas les mains dessus, on attend l’accord de l’équipe qui suit l’opération.
  • Inflammation, infection, fièvre : une articulation chaude et gonflée ou une fièvre qui dure ne relèvent pas d’une séance, mais d’un examen.
  • Zone douloureuse d’apparition récente : douleur thoracique, mollet unilatéral, mal de tête brutal et inhabituel. On ne pose pas les mains, on appelle.

Une dernière réserve concerne les personnes qui traversent un épisode psychique difficile. L’immobilité prolongée et l’attention portée aux sensations corporelles ne conviennent pas à tout le monde, et peuvent réveiller un inconfort marqué. La séance s’écourte, s’ouvre les yeux, ou se remplace par une marche.

Le jour où il faut prendre rendez-vous, pas s’allonger

La question n’est pas de savoir si la pratique fait du bien, mais de savoir ce qu’elle ne doit jamais retarder. Une douleur qui réveille la nuit, un essoufflement inhabituel, une perte de poids que l’on n’a pas cherchée, une faiblesse d’un côté du corps, une humeur basse qui dure depuis des semaines : tout cela se dit à un médecin, sans attendre le résultat de trois semaines de séances.

Un autotraitement ne remplace aucun traitement prescrit et ne justifie jamais d’en interrompre un. Aucun praticien, quel que soit son niveau, n’est autorisé à poser un diagnostic ni à conseiller l’arrêt d’un suivi médical ; cette limite figure dans le cadre légal français et vaut aussi pour la pratique sur soi, où l’on est à la fois juge et partie.

Ce qui reste, quand on a retiré les promesses, tient debout tout seul : vingt minutes allongé, sans écran, avec une attention posée sur le corps et une routine reproductible. La présentation générale de la pratique le formule autrement, et le cadre reste le même.

Questions fréquentes

À quel moment de la journée faire la séance ?

Le matin au réveil et le soir au coucher sont les deux plages qui tiennent le mieux dans la durée, parce qu’elles s’accrochent à un geste déjà existant. Le soir, il faut accepter de s’endormir avant la douzième position : ce n’est pas une séance ratée, c’est une séance qui a fini autrement.

Faut-il tenir exactement quatre-vingt-dix secondes ?

Non, c’est une convention pratique. Certaines écoles enseignent trois à cinq minutes par position, ce qui donne une séance d’une heure. Quatre-vingt-dix secondes est le compromis qui permet de couvrir douze zones sans y passer la matinée, donc de recommencer le lendemain.

Peut-on faire l’autotraitement assis dans le train ?

Les positions de la tête et du tronc s’y prêtent, à condition d’accepter le regard des autres et de renoncer au dos et aux pieds. Cela dit, une séance en environnement bruyant apporte moins qu’une séance de dix minutes au calme, avec six positions seulement.

Que faire si une position déclenche une émotion forte ?

On retire les mains, on ouvre les yeux, on s’assoit. Une émotion qui monte pendant une pratique d’immobilité est fréquente et ne demande pas d’explication ésotérique. Si elle revient à chaque séance ou déborde ensuite dans la journée, c’est un motif pour en parler à un professionnel de santé.

Une séance quotidienne est-elle nécessaire ?

Rien ne l’impose. Trois séances par semaine, aux mêmes créneaux, donnent une régularité plus solide qu’un engagement quotidien abandonné au bout de dix jours. Le calendrier compte davantage que la fréquence affichée au départ.

Douze positions, un minuteur, un coussin sous les coudes : le dispositif est volontairement pauvre, et c’est ce qui le rend reproductible. Le jour où quelque chose fait mal ou inquiète, le bon geste consiste à interrompre la séance et à décrocher le téléphone.

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